La Liseuse - Georges Appaix

 

 

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Question de Goûts

Création les 4 et 5 octobre 2007 à la Friche La Belle de Mai à Marseille/. Programmation Marseille Objectif Danse dans le cadre du Festival ActOral.6/Montévidéo

« Question de Goûts »
Solo, de et par Georges Appaix.

Cette pièce est construite sur la présence du texte éponyme que j’ai écrit et qui parle, tout simplement , de la Scène et de ce qui pourrait s’y passer.
Comme à partir d’une feuille blanche, une voix parle, avec ce qui pourrait passer pour de l’ingénuité, de ce lieu particulier et de ce qu’elle , cette voix et donc lui, cet homme, pourraient avoir envie d’y faire.

La forme Solo est un des versants du projet fondé sur ce texte ; quelqu’un dit ce texte et en donne une version scénique, la question qui se pose étant celle de la distance entre cette interprétation et le texte lui-même, évoluant entre convergence et opposition.
Est-ce que ce qui est fait, montré, contredit ce qui est écrit et dit ou au contraire l’illustre, le renforce ? L’homme, sur scène, est-il d’accord, toujours d’accord avec ce que l’homme, sur une table, a écrit ?

« Je suis bien ici,… », ainsi commence le texte. Quoi de plus simple et quoi de plus mystérieux ?
Et après, que se passe-t-il, rester là, longtemps ou pas, faire le spectacle comme on dit ou quoi d’autre ? donner une forme à cette réalité d’être là, devant d’autres qui m’accordent un crédit d’attention…

Il y a aussi la question de la relation entre celui qui écrit le texte pour rassembler des sensations accumulées sur le travail scénique et celui, en l’occurrence la même personne, qui a passé beaucoup de temps sur scène à interpréter ses propres pièces ou celles d’autres et en particulier à plusieurs reprises seul. Cette expérience de la solitude sur scène est forte et éclairante et elle ne peut qu’attirer à nouveau même si le temps contraint à l’envisager différemment .

Georges Appaix
Janvier 2007
Partir de ce texte que j’ai écrit, de ce qu’il raconte mais aussi, bien sûr, des sensations physiques que l’acte de dire peut engendrer, comme ça, directement, dans mon corps.
Essayer de réagir dans une vraie immédiateté aux mots du texte.
Et aussi, à une autre distance de ces mots, donner à voir une sorte d’inventaire des possibles de la scène, quels éléments y sont mis en jeu et pourquoi : litanie de questions d’un ingénu devant l’infinité des choix, que faire dans cet endroit particulier une fois constaté le fait de « s’y sentir bien » ?
Il faudrait aussi parler de ce plaisir, presque tombé en désuétude ou menacé de l’être, du « savoir par cœur », pourquoi le cœur d’ailleurs ? En deçà de ce qu’on appellerait le jeu d’acteur, seulement cet état de complicité physique entre une voix et une mémoire et plus généralement un corps, pour retrouver cette jubilation ancienne, héritée des tables de multiplication et des fables de La Fontaine.
Georges Appaix,
Mars 2007

Durée : 50 minutes
texte et mise en scène Georges Appaix,
Lumière et régie générale : Xavier Longo
Costume : Michèle Paldacci au Petit Atelier
Régie son : Emmanuel Proust
Administration : Elise Sut
Diffusion : Pascale Hugonet

...car Question de Goûts atteint à une sorte de maîtrise modeste du presque rien : les planches qu’il emboîte tiennent miraculeusement en équilibre - obliques, de guingois, mais cela résiste sans broncher ; et les phrases qu’il profère rebondissent sur elles-même en commentant leurs mots, leurs phonèmes, leur présence, leur inutilité aussi, leurs intonations, leur prolixité - car Appaix est bavard ; quant aux gestes, esquissés eux aussi de guingois, comme échappés des mots dans l’espace, ils sonnent juste. Et l’ensemble raconte l’histoire de cet homme qui est là, sur scène, à bavarder, à marcher, à esquisser, à sous entendre, à entendre dessous, à parcourir l’espace, à nous faire sourire, complices un instant de ces décalages de l’incongruité, de l’intelligence installée entre les choses ; et avec ce danseur qui ne sait pas trop quoi faire, sinon passer un moment à parle de ça, être là. Et puis s’en va.
Agnès Freschel, Zibeline du 11 octobre au 15 novembre 2007