La Liseuse - Georges Appaix

 

 

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Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre

Création mars 2008

Durée : 65 minutes

Texte et mise en scène de Georges Appaix

Texte et mise en scène de Georges Appaix

Avec 7 interprètes
dont : Georges Appaix, Séverine Bauvais, Jean-Paul Bourel, François Bouteau, Wendy Cornu, Sabine Macher, Gill Viandier

Lumière
Xavier Longo

Son
Olivier Renouf

Costumes
Michèle Paldacci
au Petit Atelier

Régie Générale
Xavier Longo

Régie son
Emmanuel Proust

Extraits musicaux :
Tim Berne - Ornette Coleman - Lou Reed - Marc Ducret -
Otis Redding

Diffusion / Production : Pascale Hugonet

Administration : Elise Sut

Coproduction : Compagnie La Liseuse, Théâtre Garonne de Toulouse, Pôle Sud, scène conventionnée de Strasbourg, Théâtre National de Chaillot Paris

Remerciements pur les costumes à Divertimento et à Sessun

Prochaines tournées :

12 et 13 janvier 2010 : Festival Danse-Emoi, théâtre de l’Union, Limoges

...I J K L M N O P Q R S T U V W ….

« Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre », pièce pour sept interprètes danseurs a pour point de départ le texte

« Question de goûts » , texte éponyme du solo créé et interprété par Georges Appaix en octobre 2007 à la Friche de la Belle de Mai à Marseille dans le cadre du festival ActOral6./Montévidéo/M.O.D.

Le solo se fonde sur la confrontation de ce texte à un corps particulier ayant vécu une histoire, elle aussi particulière, avec la danse.

Autre forme, autre rapport au même texte,

«  Rien que cette ampoule… » propose une autre approche de la question du spectacle vivant, question qui est au cœur du texte ; considérer le plateau comme une page blanche et refaire, avec le spectateur, comme en le prenant à témoin, le chemin qui conduit à une forme spectaculaire.

Par quoi commencer, qu’écrire sur cette page et comment l’écrire en fonction de ce que nous y apportons de nous-mêmes et de notre perception du monde et de la relation que nous recherchons avec celle ou celui qui vient dans le théâtre ?

Comme si la première chose à savoir n’était pas « de quoi va-t-il s’agir ? » mais plutôt « quelle relation avec le spectateur veut-on essayer de vivre ? ».

Essayons de refaire avec elle ou lui le chemin qui va du rien ou de l’infini des possibles vers un quelque chose… partir de l’individu sur la scène et aller vers le collectif en passant par le duo (le dialogue !?), s’intéresser à l’apparition de la danse comme à celle de la voix, au premier mot éventuellement prononcé et à la première note de musique ; reparcourir attentivement l’étendue des questions posées par cette étrange activité, en compagnie du spectateur.

Pas une auto-célébration d’initiés pour initiés mais le questionnement d’une situation qui met en jeu la pensée, le corps et la recherche d’une qualité de relation, de part et d’autre.

Que le spectacle Re commence

Qeorges Rappaix

Jubilatoire et burlesque, Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre, la dernière pièce de Georges Appaix, éclaire l’impulsion créatrice qui l’unit à ses interprètes, et au public. C’était à Pôle Sud à Strasbourg. Il y a de la maison démontable de Keaton, du Pirandello, et des tombereaux d’interrogations dans la nouvelle pièce du chorégraphe Georges Appaix. A l’invite du Marseillais, le public éclairé par « rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre » bascule dans les coulisses de la création. Fiché dans son imper, Appaix attaque le plateau par la gauche et examine un lieu où quelques portes ébauchent un décor. Rien n’est encore écrit sur cette page blanche qu’est la scène. Peu à peu, d’autres danseurs prennent leurs marques, testent la résonance du sol. Air circonspect, on se prend les pieds dans le fil du micro, on redresse d’autres portes, plantes vertes en plastique et chaises composent le cadre.
Six interprètes, d’une bouche à l’autre
L’exutoire vocal d’onomatopées active l’histoire jusque-là sans paroles, le temps de la représentation s’accélère alors que d’aucuns ne veulent pas rester trop longtemps seul ici... D’une bouche à l’autre, les six interprètes - Séverine Bauvais, Jean-Paul Bourel, François Bouteau, Wendy Cornu, Sabine Macher et Gill Viandier - se passent les mots, s’imbriquent énergiquement en duo, voire en trio. De manière récurrente, les corps touchent peu le sol, juste pour l’impulsion, mais visent l’érection, bras tendus. Ornette Coleman, Tim Berne et surtout la voix caverneuse de Lou Reed soutiennent de jouissives séquences chorales. Personne ne s’économise, et chacun sert comme tout bon acteur la société de spectacle. En parsemant de fragments de son texte Questions de goûts, Georges Appaix dynamite les arcanes de la dite société, des motifs publicitaires à la vacuité du langage. On rit à s’en prendre les pieds dans le plat. Comique de répétition bien rôdé qui s’arrête intelligemment sur l’entre deux où se coursent fiction et réalité. Si les six personnages de Pirandello sont en quête d’auteur, les danseurs de la Liseuse ont bel et bien trouvé le leur. Authentique, et courageux, Georges Appaix façonne une danse à l’écriture judicieusement vivante. A coup de crayons de corps.
Veneranda Paladino
© Dernières Nouvelles d’Alsace, Samedi 05 Avril 2008.